
83 étudiants issus de 4 école de design et de mode viennent de rendre leurs réalisations dans le cadre d’ Orange vous souffle à l’oreille ! initié en octore 2010.
Interview de Clément Bataille, (Chief creative Director / D&U : Design et expérience Utilisateur / Orange) qui a suivi ce projet :
> Pourquoi avoir choisi ces écoles ?
CB : L'idée était d'avoir un regard international et assez large mêlant des écoles de design plus mode à des écoles de design industriel, à l'aise sur les recherches de scénarii d'usages ou sur les procédés de fabrication. Ces deux approches extrêmes du design sont complémentaires et viennent en cela bien enrichir ce concours.
En juillet 2010 nous avons donc retenu 4 écoles de grande renommée, regroupant des étudiants de 15 différents pays, pour travailler avec nous sur le sujet : ESAA Duperré - Strate Collège - ENSCI - Les Ateliers - Central Saint Martin College of Art and Design (Grande-Bretagne). Mais Il y a d'autres très bonnes écoles de design, et d'autres jeunes designers de talents et nous sommes déjà en train de réflechir à une suite.
> Pourquoi un travail en étroite relation avec elles plutôt qu’un concours ouvert ?
CB : L'innovation est dans les gènes d'Orange, incubateur d'idée du monde digital, qui accompagne les gens dans la vie de tous les jours. Nous avions envie de participer, de nous impliquer avec les étudiants et les professeurs dans le processus de création, plutôt que de lancer un sujet dans la nature et récupérer les copies à la fin. L’innovation ne se fait pas seul et en un jour, c’est un processus de travail long, interactif et la qualité du résultat dépend de la manière dont le sujet a été posé au départ et du soin que vous avez apporté au suivi du projet.
Nous avons donc pris le temps de bien briefer les étudiants au démarrage et nous avons été régulièrement à leur côté pour répondre à leurs questions et à celles de leurs professeurs. Plus d’une quinzaine de réunions de suivi et d’échange ont été organisées avec les étudiants et les professeurs directement dans les écoles durant les trois mois du concours.
> Quelles en sont les surprises ?
CB : Nous souhaitions montrer que le design pouvait être moteur dans le changement des comportements et un accélérateur d’usage. Il s’agissait ici d’un concours d’idées et non pas de « style » et la variété des propositions était un élément important du dispositif. Aussi incroyable que cela puisse paraître les 71 projets sont tous bien différents les uns des autres sans que les écoles ne se soient concertées. Et je vous garantie que nous n'avons rien laissé filtrer comme info d'une école à une autre. La confidentialité est une règle d'or dans le design.
> Quelles sont les différences pédagogiques, méthodologiques entre ces écoles ?
CB : Les étudiants ont tous eu le même brief au départ mais les approches ont été bien différentes. Une école a abordé le sujet sous la forme de workshop : les étudiants ont passé plusieurs journée à réfléchir ensemble au sujet. Une autre école a préféré répartir les taches en petits groupes : un groupe travaillait à l'analyse de la problématique d'usage, un autre sur la technique, un autre sur les matériaux. A noter que tous ont bien pris le temps d'analyser le sujet avant de sortir les crayons.
> Quel est le bilan de ce projet ?
CB : Un premier bilan extrêmement positif si j'en crois l'engouement que ce concours a suscité aussi bien auprès des étudiants, des professeurs, qu’en interne chez Orange. Les échanges ont été très riches et vraiment à double sens entre l'entreprise et les écoles et les idées sont là, pertinentes et nombreuses, qui vont faciliter la vie de tous les jours. On ne peut rester indifférent devant toutes ces propositions qui offrent un nouveau regard sur l'oreillette. Et si les gens commencent à réfléchir au rôle de l'oreillette, ils la porteront et nous aurons déjà rempli une grande partie de nos objectifs.
> Que vont devenir les projets ?
CB : Notre objectif est maintenant de valoriser toutes ces idées au travers d'opérations de communication, d'expositions, du site web, afin que les constructeurs s'en emparent et pourquoi pas commencent à proposer de nouveaux produits sur le marché avec l’aide de ces étudiants !